L’accord d’Élysée-Oudinot qui complète l'accord de Bougival restera dans l’histoire. Toutes les parties présentes ont fait des concessions. L'effort le plus important, c'est celui de l'état Français. C'est d'abord un effort économique très important pour une population peu nombreuse. C'est aussi des concessions institutionnelles très discutables. Les Calédoniens vont continuer à avoir la double nationalité sans restriction et les autres français vont continuer à être discriminés en Nouvelle-Calédonie. Beaucoup de régions de France vont demander un statut similaire. Cela risque d'être problématique pour la France et l'Europe.
Cet accord est évidemment une grande chance pour les Calédoniens. Il permettra peut-être une reprise économique et un apaisement sociétal. Dans tous les cas, il vaut mieux que le blocage actuel qui enfonce la Calédonie.
Il faut encore surmonter un obstacle de taille : Le vote des parlementaires français. Comme il n’existe pas d’autre voie pour que la Nouvelle-Calédonie ne s’enfonce plus avant dans le chaos économique et institutionnel, il faut espérer que les socialistes reviendront à la raison. Ce serait criminel de torpiller ce projet. Malgré tout, si j'étais parlementaire Français, je voudrais qu'il soit amendé par le parlement, notamment sur la restriction du corps électoral.
Ensuite, il faudra que cet accord soit approuvé par un vote des Calédoniens. Le corps électoral sera très restreint parce que, pour être électeur, il faudra être arrivé sur le territoire avant 1994. Tout ceux qui sont nés sur le territoire ne pourront pas voter, seuls ceux nés avant 1994 ou dont un des parents est électeur. Malgré ce corps électoral ultra restreint, le oui l’emportera très largement. Il est probable que ce qui reste du FNLKS boycottera les élections, mais n’aura pas la capacité de recommencer les exactions et le blocage du pays.
Et après, on peut espérer que les opposants à ce projet qu'ils soient indépendantistes ou non seront sévèrement battus aux élections provinciales et que les organisateurs des exactions seront enfin jugés et retourneront en prison.
Christian Bernardi