mercredi 8 juillet 2026

Rien n'a changé mais tout a changé

D’après le recensement de 2025, un élu du congrès représente 6093 habitants s’il provient de la Province Sud, 3396 habitants s’il provient de la province Nord, 2667 s’il provient de la province des Iles.
Les loyalistes
ont 24 élus (22 en Province Sud, 2 en Province Nord) et représentent 53 % de la population de la Nouvelle-Calédonie.
L’éveil Océanien a 4 élus en Province Sud et représente 9 % de la population de la Nouvelle-Calédonie.
L’UNI
a 7 élus (6 en Province Nord, 1 élu Province des Îles) et représente 9 % de la population de la Nouvelle-Calédonie.
Le FNLKS
a 19 élus (6 en province Sud, 7 en Province Nord, 6 en Province des Îles) et représente 29 % de la population de la Nouvelle-Calédonie.

Voici la composition du congrès élu en 2019 :
Loyalistes 18 ,
Calédonie Ensemble 7,
Éveil Océanien 3,
UNI : 9 
FNLKS : 17

Les indépendantistes ont 26 élus comme en 2019, les non-indépendantistes ont perdu un siège passant de 25 à 24 et l’Eveil Océanien en a gagné un passant de 3 à 4.
C’est pourquoi, on a pu dire que rien n’avait changé après ces élections de 2026 alors qu’en réalité tout a changé.
Calédonie Ensemble a totalement disparu. C’étaient des non-indépendantistes mais très ambigus, ne perdant pas une occasion de critiquer la France et les autres non-indépendantistes. Le camp indépendantiste est maintenant totalement rassemblé.
L’UNI est sorti du FNLKS et est maintenant totalement opposé à ce qui reste du FNLKS. Il a soutenu l’accord de Bougival et est plus proche des autres partis que du FNLKS en tout cas, il est ouvert au dialogue avec les non-indépendantistes alors que le dialogue avec l'UC est impossible.
L’UC-FNLKS a rompu tout contact avec tous les autres. Il est responsables des émeutes. Il ne veut discuter qu’avec l’État et exige que l’État donne l’indépendance à la Nouvelle-Calédonie, en oubliant qu’il ne représente, au mieux, que 29 % de la population.
L’Eveil Océanien qui s’était allié avec les indépendantistes en 2019 est maintenant l’allié des loyalistes pour toute la durée de la législature.
L’UC va garder la province des Iles, mais n’aura aucun poste ailleurs. La province Nord est allé à l'UNI, la province Sud aux Loyalistes. Le président du congrès va être une Loyaliste. Le président du gouvernement va être le président de l'éveil Océanien.
Les prochaines réformes vont forcément faire gagner des représentants aux non-indépendantistes. Il faudra rééquilibrer le poids des provinces au congrès. Au passage, remarquons que la province des Îles a plus d'électeurs que d'habitants !
Enfin, tôt ou tard, il faudra donner le droit de vote aux personnes qui habitent depuis très longtemps en Nouvelle-Calédonie. 
Christian Bernardi

jeudi 2 avril 2026

Rejet de l'accord de Bougival

Nous venons d'avoir un rejet de l'accord de Bougival par l'assemblée nationale.

Avec un corps électoral, hyper gelé, car il fallait être arrivé avant 1994 pour pouvoir voter, le rapport de force est : 45 % (au mieux) pour les indépendantistes contre 55 % (au moins) pour les non-indépendantistes. Chacun des camps avait sa légitimité, les non-indépendantistes parce qu’ils sont largement majoritaires et les indépendantistes parce qu’ils étaient majoritaires chez les Kanaks.

L’accord de Bougival, c’est un compromis qui devrait rassembler 75 % de la population. Sans cette accord, tout nouveau transfert de compétence entre la France et la Nouvelle-Calédonie doit donner lieu à une modification de la constitution française. Avec cet accord il n’ y a plus besoin de la modification de la constitution française, mais seulement de l’accord des 36/56 du congrès de la Nouvelle-Calédonie. Dans ce sens, c'est effectivement une avancée vers l'indépendance car les Calédoniens peuvent décider seuls de nouveaux transferts des compétences entre  la Nouvelle-Calédonie et la France. C'est le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.

L'opposition à Bougival c’est seulement la moitié de l’ex-Flnks. Un accord institutionnel est indispensable pour enrayer l’effondrement économique. Actuellement, plus personne n’investit en Nouvelle-Calédonie. En France, l’alliance des extrêmes bloque cet accord. 

Sauf si le gouvernement arrive à trouver une solution rapidement, on va vers un statut quo pendant au moins 1 an supplémentaire. Malgré une aide de l'état de 2 milliards d'euros cette année, les faillites se multiplient. Les touristes restent chez eux.

En attendant, les troubles insurrectionnels me paraissent très peu probables. Évidemment, si je trompais sur ce dernier point, ce serait, probablement, un ou deux ans supplémentaires pour parvenir au même accord, car il n'y a aucun autre accord possible. Il restera toujours des extrémistes dans les 2 blocs. Aujourd'hui, ils ont mis une sourdine dans le camp non-indépendantistes, mais sont encore présents dans le camp indépendantistes. Le RN était très fort en Nouvelle-Calédonie avant l'élection de Macron. Il peut le redevenir mais pas rapidement.

Il n'y a qu'un espoir, c'est que, aux élections provinciales de cette année, l'UC soit balayée. Si c'est le cas, la population Calédonienne pourra voter pour l'accord de Bougival avec un an de retard. Le score, à ce moment là, pourrait dépasser les 80%. C'est le seul espoir pour que l'économie de la Calédonie reparte, mais si l'UC fait plus de 25% à ces élections, où si le RN redevient présent, on aura le même scénario avec 5 ans de retard. L'avenir de la Nouvelle-Calédonie est très sombre. Sans cet accord, aucun privé n'investira un franc en Nouvelle-Calédonie, comme c'est le cas actuellement. Ce qui ne veut pas dire que l'accord suffira à faire repartir l'économie.

Je reste confiant, mais à long terme. Les paysages, le climat, la volonté du vivre-ensemble d'une majorité de la population et bien d'autres choses me font toujours croire à une évolution positive à long terme de la Nouvelle-Calédonie.

Christian Bernardi

mercredi 21 janvier 2026

L’accord d’Élysée-Oudinot

L’accord d’Élysée-Oudinot qui complète l'accord de Bougival restera dans l’histoire. Toutes les parties présentes ont fait des concessions. L'effort le plus important, c'est celui de l'état Français. C'est d'abord un effort économique très important pour une population peu nombreuse. C'est aussi des concessions institutionnelles très discutables. Les Calédoniens vont continuer à avoir la double nationalité sans restriction et les autres français vont continuer à être discriminés en Nouvelle-Calédonie. Beaucoup de régions de France vont demander un statut similaire. Cela risque d'être problématique pour la France et l'Europe.

Cet accord est évidemment une grande chance pour les Calédoniens. Il permettra peut-être une reprise économique et un apaisement sociétal. Dans tous les cas, il vaut mieux que le blocage actuel qui enfonce la Calédonie.

Il faut encore surmonter un obstacle de taille : Le vote des parlementaires français. Comme il n’existe pas d’autre voie pour que la Nouvelle-Calédonie ne s’enfonce plus avant dans le chaos économique et institutionnel, il faut espérer que les socialistes reviendront à la raison. Ce serait criminel  de torpiller ce projet. Malgré tout, si j'étais parlementaire Français, je voudrais qu'il soit amendé par le parlement, notamment sur la restriction du corps électoral.

Ensuite, il faudra que cet accord soit approuvé par un vote des Calédoniens. Le corps électoral sera très restreint parce que, pour être électeur, il faudra être arrivé sur le territoire avant 1994. Tout ceux qui sont nés sur le territoire ne pourront pas voter, seuls ceux nés avant 1994 ou dont un des parents est électeur. Malgré ce corps électoral ultra restreint, le oui l’emportera très largement. Il est probable que ce qui reste du FNLKS boycottera les élections, mais n’aura pas la capacité de recommencer les exactions et le blocage du pays.

Et après, on peut espérer que les opposants à ce projet qu'ils soient indépendantistes ou non seront sévèrement battus aux élections provinciales et que les organisateurs des exactions seront enfin jugés et retourneront en prison.

Christian Bernardi

mardi 28 octobre 2025

Bonne et mauvaise nouvelle

 Aujourd’hui, il y avait un vote décisif à l’assemblée nationale pour savoir si on pouvait reporter en 2026 les élections provinciales.  80 % des élus au congrès de Nouvelle-Calédonie avait voté pour ce report.

Ce report a été voté. C'est une très bonne nouvelle.

La moins bonne nouvelle, c’est que ce vote a été difficile, 279 pour et 247 contre. Le RN, LFI, écologistes et communistes ont voté contre. Les socialistes et le bloc central ont voté pour. Ce qui est inquiétant, c’est la position du RN. En France, le RN est contre le vote des immigrés et contre le droit du sol. Après tout, il est logique qu’en Nouvelle-Calédonie, ils aient maintenant la même attitude. Il y a un risque non négligeable que le prochain président de la république soit issu du RN. Il pourrait alors soumettre un référendum à tous les Français sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie. Vu ce que la Calédonie coûte à la France, le vote pourrait bien être pour l’indépendance. Plus besoin de consulter les Calédoniens.

mardi 7 octobre 2025

Les élections provinciales auront-elles lieu en 2025 ?

 Il est encore le 7 octobre à Paris, mais déjà le mardi 8 octobre à Nouméa. Je fais le pari qu’il n’y aura pas de dissolution et que les élections provinciales seront repoussées en 2026. Je vois un nouveau premier ministre nommé mercredi ou jeudi. Ce devrait être Raphaël Glucksmann ou Bernard Cazeneuve. peut-être un ou une autre que les socialistes ne pourraient censurer d’entrée. Yannick Jadot pourrait entrer au gouvernement, peut-être à la place de Dati. Tous les autres ministres seraient reconduits. Lecornu redeviendrait ministre des armées.
Christian Bernardi

samedi 4 octobre 2025

Urgent : Les listes électorales de Nouvelle-Calédonie sont fausses.

 

https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/09/29/en-nouvelle-caledonie-le-grand-flou-des-listes-electorales_6643427_823448.html

Voici comment commence cet article réservé aux abonnés :

« Comment est-il possible, dans un pays de 265 000 habitants, d’avoir un corps électoral de 220 000 personnes ? », s’étonne l’historien Louis-José Barbançon. La question se fait pressante, à l’approche d’un nouveau scrutin provincial, qui se tiendra en novembre ou en juin 2026. En 2019, l’archipel comptait, en effet, 77 477 mineurs. Pour que les listes soient sincères, il faudrait donc que le territoire compte plus de 290 000 habitants.

J'ajoute que la question se pose aussi pour les élections législatives et pour les référendums passés et pour le vote éventuel sur un futur statut de la Nouvelle-Calédonie. 
Il y a des personnes qui ont quitté la Calédonie et qui sont toujours inscrites et il y a des personnes qui sont inscrites dans plusieurs bureaux. Et il y a aussi probablement des personnes fictives.

On a le fichier de l'Isee issu du recensement, les fichiers des listes électorales qui sont établies dans chacune des mairies de la Nouvelle-Calédonie. Il y  aussi les fichiers de l'état civil. Un traitement purement informatique assez facile et très rapide devrait permettre de croiser ces différents fichiers. 
J'ai du mal à comprendre que cela n'aie pas encore était fait. Il me semble que ce travail devrait être fait en urgence.

Christian Bernardi