jeudi 2 avril 2026

Rejet de l'accord de Bougival

Nous venons d'avoir un rejet de l'accord de Bougival par l'assemblée nationale.

Avec un corps électoral, hyper gelé, car il fallait être arrivé avant 1994 pour pouvoir voter, le rapport de force est : 45 % (au mieux) pour les indépendantistes contre 55 % (au moins) pour les non-indépendantistes. Chacun des camps avait sa légitimité, les non-indépendantistes parce qu’ils sont largement majoritaires et les indépendantistes parce qu’ils étaient majoritaires chez les Kanaks.

L’accord de Bougival, c’est un compromis qui devrait rassembler 75 % de la population. Sans cette accord, tout nouveau transfert de compétence entre la France et la Nouvelle-Calédonie doit donner lieu à une modification de la constitution française. Avec cet accord il n’ y a plus besoin de la modification de la constitution française, mais seulement de l’accord des 36/56 du congrès de la Nouvelle-Calédonie. Dans ce sens, c'est effectivement une avancée vers l'indépendance car les Calédoniens peuvent décider seuls de nouveaux transferts des compétences entre  la Nouvelle-Calédonie et la France. C'est le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.

L'opposition à Bougival c’est seulement la moitié de l’ex-Flnks. Un accord institutionnel est indispensable pour enrayer l’effondrement économique. Actuellement, plus personne n’investit en Nouvelle-Calédonie. En France, l’alliance des extrêmes bloque cet accord. 

Sauf si le gouvernement arrive à trouver une solution rapidement, on va vers un statut quo pendant au moins 1 an supplémentaire. Malgré une aide de l'état de 2 milliards d'euros cette année, les faillites se multiplient. Les touristes restent chez eux.

En attendant, les troubles insurrectionnels me paraissent très peu probables. Évidemment, si je trompais sur ce dernier point, ce serait, probablement, un ou deux ans supplémentaires pour parvenir au même accord, car il n'y a aucun autre accord possible. Il restera toujours des extrémistes dans les 2 blocs. Aujourd'hui, ils ont mis une sourdine dans le camp non-indépendantistes, mais sont encore présents dans le camp indépendantistes. Le RN était très fort en Nouvelle-Calédonie avant l'élection de Macron. Il peut le redevenir mais pas rapidement.

Il n'y a qu'un espoir, c'est que, aux élections provinciales de cette année, l'UC soit balayée. Si c'est le cas, la population Calédonienne pourra voter pour l'accord de Bougival avec un an de retard. Le score, à ce moment là, pourrait dépasser les 80%. C'est le seul espoir pour que l'économie de la Calédonie reparte, mais si l'UC fait plus de 25% à ces élections, où si le RN redevient présent, on aura le même scénario avec 5 ans de retard. L'avenir de la Nouvelle-Calédonie est très sombre. Sans cet accord, aucun privé n'investira un franc en Nouvelle-Calédonie, comme c'est le cas actuellement. Ce qui ne veut pas dire que l'accord suffira à faire repartir l'économie.

Je reste confiant, mais à long terme. Les paysages, le climat, la volonté du vivre-ensemble d'une majorité de la population et bien d'autres choses me font toujours croire à une évolution positive à long terme de la Nouvelle-Calédonie.

Christian Bernardi