Nous venons d'avoir un rejet de l'accord de Bougival par l'assemblée nationale.
Avec un corps électoral, hyper gelé, car il fallait être arrivé avant 1994 pour pouvoir voter, le
rapport de force est : 45 % (au mieux) pour les
indépendantistes contre 55 % (au moins) pour les
non-indépendantistes. Chacun des camps avait sa légitimité, les non-indépendantistes parce qu’ils sont largement majoritaires et les
indépendantistes parce qu’ils étaient majoritaires chez les Kanaks.
L’accord de Bougival, c’est un compromis qui devrait rassembler
75 % de la population. Sans cette accord, tout nouveau transfert
de compétence entre la France et la Nouvelle-Calédonie doit donner
lieu à une modification de la constitution française. Avec cet
accord il n’ y a plus besoin de la modification de la constitution
française, mais seulement de l’accord des 36/56 du congrès de la
Nouvelle-Calédonie. Dans ce sens, c'est effectivement une avancée vers l'indépendance car les Calédoniens peuvent décider seuls de nouveaux transferts des compétences entre la Nouvelle-Calédonie et la France. C'est le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
L'opposition à Bougival
c’est seulement la moitié de l’ex-Flnks. Un accord
institutionnel est indispensable pour enrayer l’effondrement
économique. Actuellement, plus personne n’investit en
Nouvelle-Calédonie. En France, l’alliance des extrêmes bloque
cet accord.
Sauf si le
gouvernement arrive à trouver une solution rapidement, on va vers un
statut quo pendant au moins 1 an supplémentaire. Malgré une aide de
l'état de 2 milliards d'euros cette année, les faillites se
multiplient. Les touristes restent chez eux.
En attendant, les troubles insurrectionnels me paraissent très peu probables. Évidemment, si je trompais sur ce dernier point, ce serait, probablement, un ou deux ans supplémentaires pour parvenir au même accord, car il n'y a aucun autre accord possible. Il restera toujours des extrémistes dans les 2 blocs. Aujourd'hui, ils ont mis une sourdine dans le camp non-indépendantistes, mais sont encore présents dans le camp indépendantistes. Le RN était très fort en Nouvelle-Calédonie avant l'élection de Macron. Il peut le redevenir mais pas rapidement.
Il n'y a qu'un espoir, c'est que, aux élections provinciales de cette année, l'UC soit balayée. Si c'est le cas, la population Calédonienne
pourra voter pour l'accord de Bougival avec un an de retard. Le
score, à ce moment là, pourrait dépasser les 80%. C'est le seul
espoir pour que l'économie de la Calédonie reparte, mais si l'UC fait plus de 25% à ces élections, où si le RN redevient présent, on aura le même scénario avec 5 ans de retard. L'avenir de la Nouvelle-Calédonie est très sombre. Sans cet accord, aucun privé n'investira un franc en Nouvelle-Calédonie, comme c'est le cas actuellement. Ce qui ne veut pas dire que l'accord suffira à faire repartir l'économie.
Je reste confiant, mais à long terme. Les paysages, le climat, la volonté du vivre-ensemble d'une majorité de la population et bien d'autres choses me font toujours croire à une évolution positive à long terme de la Nouvelle-Calédonie.
Christian Bernardi